Confidences d’Anciens – Bertin EBWELLE : « Ndoumbe Lea reste mon idole numéro 1 »

Il y a ce demi-sourire qui ne prend jamais congé de ses lèvres. Les personnes qui  l’ont longtemps côtoyé  vous diront qu’il faut être très  malchanceux pour ne pas bénéficier de la sympathie qui le caractérise. Bertin Ebwelle Ndingue impressionne aussi par une  humilité que son statut de Mondialiste 90 n’a jamais entamée. Il fait pourtant partie de ceux qui ont écrit sans doute la plus belle page de l’histoire du football camerounais. L’actuel entraineur de Coton Sport de Garoua a accepté de partager avec nous quelques anecdotes croustillantes de sa riche carrière de footballeur.

Quels sont les joueurs qui vous ont posé le plus de problèmes ?

En ce qui concerne les joueurs qui m’ont le plus posé de problème, je vais commencer par François Omam Biyick, à cause de sa vitesse de course avec le ballon, bonne couverture. Chris Waddle (ex footballeur anglais, NDLR), un joueur qui est drôle mais qui est d’une efficacité incroyable. Mon frère Louis-Paul Mfede, qui, avait des dribles déroutants et qui pouvait varier son jeu à gauche comme à droite avec beaucoup de feintes. Ça ce sont des joueurs qui m’ont posé pas mal de problèmes mais aussi qui m’ont beaucoup apporté pour la suite de ma carrière.

Le plus méchant ?

Le plus méchant de tous ceux-là, ça a été Lacatus, le roumain qui m’a posé pas mal de soucis à ce match Cameroun – Roumanie.  Mais nous sommes quand même sortis vainqueur de cette rencontre.

Le plus drôle ?

Le drôle, c’est vraiment Waddle. Très amusant dans son jeu mais qui tient absolument marquer l’esprit du joueur. Moi, je pense que tout cela, ça a été des joueurs très valeureux sur le plan international.

Le moment où vous vous êtes senti le plus fort ?

En ce qui concerne les moments où je me suis senti heureux et doublement plus fort, c’est après cette victoire face à l’Argentine au match d’ouverture de cette Coupe du Monde 1990. Je crois que tout le monde a été heureux, nous nous sommes sentis au ciel en quelque sorte. Mais il faut aussi avouer que les moments qui ont apporté quelque chose de plus dans ma carrière, c’est cette victoire à Libreville contre la Zingo du Gabon où, si on ne gagnait pas ce match, on ne poursuivrait plus la course pour la Coupe du Monde 1990.

Le moment ou la rencontre qui a changé votre carrière ?

La victoire à Libreville nous a beaucoup apporté et ça nous a donné beaucoup de joie au cœur, de voir que nous pouvions encore avoir un espoir de qualification pour la Coupe du Monde 1990

Avez-vous des regrets ?

Des regrets, j’en ai. Vous savez, dans les quarts de finale de la Coupe du Monde 1990 contre l’Angleterre, vraiment, ça a été un coup dur pour nous. Nous rêvions d’aller en demi-finales mais ça n’a pas été le cas.  J’ai donc beaucoup de regrets pour ça.

La plus grosse fête après un match ?

La plus grosse fête après un match, c’est certainement après ce match de Libreville où nous avions fait une expédition punitive. Nous sommes partis du Cameroun dimanche matin pour aller jouer l’après-midi, gagner cette rencontre par 3 buts à 1 et nous sommes rentrés le même soir. Ce qui a donné lieu à une fête de l’ensemble des joueurs dans une boite de nuit de Yaoundé où nous sommes quittés à 6 heures du matin. Et c’était ma toute première fois de faire une veillée dans une boite. Nous nous sommes bien amusés après cette victoire et je pense que tout le monde a été heureux ce jour.

L’anecdote que vous n’avez jamais racontée ?

Vous savez, au sein de la tanière, il y a toujours des anecdotes incroyables. Si je vous disais qu’à deux ou trois jours du match d’ouverture de la Coupe du Monde 1990, les Lions avaient grevé, nous n’avons pas mangé selon le programme officiel, nous avons choisi une chambre où nous nous sommes partagés des biscuits, des petits jus. Cela était suffisant pour nous. Mais, toujours à cause des primes. C’est toujours déplorable qu’on parle tout le temps des primes. Je crois que c’est quelque chose qui m’a marqué, la solidarité des joueurs a marqué le coup en ce qui concerne cette Coupe du Monde.

L’arbitre que vous appréciez le plus ?

En ce qui concerne l’arbitrage, Vautrot (Michel Vautot, ex arbitre international français, NDLR) a marqué l’esprit des footballeurs camerounais et pour nous, ça reste le meilleur arbitre du monde. Et je crois que jusqu’aujourd’hui, il continue à apporter des nouveautés dans l’arbitrage du football mondial.

Le meilleur entraineur ?

Je crois que celui qui a le plus révolutionné le football aujourd’hui, c’est Pep Guardiola que j’admire beaucoup, sans oublier l’aimé Mario Zagalo à qui j’ai emprunté ce sobriquet durant mon enfance… On m’a toujours appelé Zagalo. Ces deux personnes là, je les admire jusqu’aujourd’hui, je pense que c’est quelque chose de bien.

Votre stade préféré ?

Mon stade préféré reste Mfandena (Stade Omnisports Ahmadou Ahidjo de Yaoundé, NDLR) où j’ai partagé des grandes victoires et je crois que j’aimerai toujours ce stade qui a apporté aux camerounais beaucoup de satisfaction et d’honneur.

Votre idole ?

En ce qui concerne mes idoles, Ndoumbe Lea passera en premier parce que quand j’étais tout petit, j’avais toujours souhaité jouer comme lui, comme défenseur central alors que j’étais un attaquant. Alors, il m’a beaucoup marqué et ça m’a permis de revenir à l’arrière comme défenseur. Il n’y a pas que lui, il y a des joueurs comme Mbida Arantes, Abega Théophile ou Samuel Eto’o pour la jeunesse d’aujourd’hui. Je pense que ces personnes ont apporté un plus dans le football camerounais. Sans oublier notre patriarche aujourd’hui, Son Excellence Albert Roger Milla qui, dans tous les tournants de ma carrière, a toujours été présent. Je lui rends cet honneur et je pense que c’est quelqu’un de bien, de serviable pour le football camerounais.

Vos mentors ?

Mon mentor aujourd’hui, restera toujours Albert Roger Milla. Je le considère comme un père, un frère. Je crois que je lui dois tout dans ma carrière.

Votre dernier mot

Je voudrai saluer cette génération qui a beaucoup apporté au football camerounais et qu’on a tendance à oublier. Je tiens ici à rendre hommage à tous ceux qui ont œuvré pour ce football camerounais. Il s’agit de la génération : Njitap, Lucien Mettomo, Magic Mboma, Samuel Eto’o, Rigobert Song. Je crois qu’aujourd’hui, il y a une autre génération, celle d’Aboubakar Vincent et tous ceux qui sont au feu du football camerounais aujourd’hui doivent apporter leur empreinte pour que le football camerounais avance.

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Résultats

Cameroun3:0Comores

Classement

Rang PaysPts
1Maroc11pts
2Cameroun11pts
3Malawi5pts
4Comore5pts