Invité de Lion indomptable cette semaine, Franck Happi, Président de l’Union Sportive de Douala et patron du Syndicat des Clubs d’Elite du Cameroun (SYCEC) revient  sur la crise LFPC-SYCEC qui a fait repousser d’une semaine, le démarrage des championnats professionnels. L’ancien Vice-président de la Ligue de Football Professionnel du Cameroun (LFPC) parle aussi de sa récente candidature à la présidence de la Fédération camerounaise de football (FECAFOOT) et des ambitions de l’Union sportive de Douala pour la nouvelle saison.

Bonjour Président.

Bonjour

A la suite de la première réunion du Comité ad hoc chargé de réfléchir sur l’avenir de la LFPC, les championnats professionnels ont repris le week-end dernier. Peut-on affirmer aujourd’hui que la crise LFPC-SYCEC est désormais derrière nous ?

Oui, la crise est derrière nous. On a mis de l’eau dans notre vin.  On a réussi à s’asseoir sur une même table et on a pu régler les problèmes qui pouvaient être les problèmes majeurs, en essayant chacun de mettre de l’eau dans son vin pour l’avenir de notre football, pour la patrie, pour le pays qui a besoin de jeu, pour nos joueurs, pour le public. Voila ! Ces points-là concernaient surtout l’assemblée générale. Beaucoup n’avaient pas compris pourquoi on l’exigeait. On l’exigeait parce que les autres organes de la Ligue ne fonctionnent plus correctement. Je l’ai largement expliqué sous d’autres cieux, il ne restait que l’assemblée générale. A partir du moment où la date est fixée de façon claire : le 28 février et qu’on a trouvé des mécanismes pour régler les problèmes sur le règlement de la compétition, mécanismes d’accession et de relégation, le reste, vraiment, si on a encore des différends, on trouvera le moyen de les résoudre soit en assemblée générale, soit au cours de ces réunions de la Commission ad hoc où la Ligue est partie prenante.

L’AG que vous avez tant réclamée se tiendra finalement le 28 février tel que voulu par le Général Semengue. Avez-vous déjà les garanties qu’elle se tiendra effectivement ?

Oui ! Je pense qu’il n’y a pas de raison qu’elle ne se tienne pas. La date, elle est connue et elle est rendue publique. Elle va se tenir, on ne va pas faire de procès de mauvaise intention. Mais maintenant, nous restons vigilants sur l’actualité de la Ligue et nous pensons que pour le moment, tout baigne, le championnat se déroule bien. Je pense que le démarrage avec le double match Ligue 1 Ligue 2 a montré qu’il n’y avait pas une volonté de nuire mais simplement, de se faire entendre. Et on a été entendus et le président de la Ligue également, je crois qu’il nous a compris.  Donc, aujourd’hui, on va dire que les choses sont rentrées dans l’ordre.

Que répondez-vous à ceux qui estiment que le fait pour les présidents de clubs d’avoir accepté de débuter le championnat sans la tenue de l’AG tant réclamée est synonyme d’échec dans le bras de fer qui vous opposait au Général Pierre Semengue ?

Ce n’était pas un bras de fer. Vous savez, dans ce genre de différend, il n’y a pas souvent de vainqueur ni de vaincu. Il n’y a que souvent des voyeurs qui veulent voir du sang gicler sur les murs, qui ont besoin de savoir qui a gagné, qui a perdu. On ne va pas jouer à ce jeu-là. On réclamait une assemblée générale parce que pour nous, c’était le seul endroit qui nous restait, après qu’on ait tenté toutes les démarches de conciliation, auprès du Ministère, auprès de la Fédération, auprès de la Ligue pour nous faire entendre.  Et comme je vous l’ai dit, parce que le Conseil ne fonctionnait plus correctement, il ne nous restait plus que l’assemblée générale pour régler les problèmes essentiels de la Ligue dont le premier était le règlement de la compétition. Maintenant, qu’on a réglé ce problème, l’assemblée générale ne pouvait plus être une condition sine qua non au démarrage. Bon ! Si ça peut satisfaire vos lecteurs, oui, le Général a gagné le bras de fer concernant le démarrage du championnat avant l’assemblée générale.

Quel commentaire faites-vous au sujet de la nouvelle formule adoptée cette année pour le championnat ? Ne craignez-vous pas que cela puisse altérer la qualité de la compétition ?

C’est clair que déjà, on va jouer moins de matches, le champion, je pense va jouer environ 28 matches, au lieu de 34. Mais il n’y avait pas une autre option, à partir du moment où on avait connu un retard depuis le mois de décembre, pour nous arrimer au calendrier de la CAF. Il n’y avait pas une autre option, la meilleure option était cette option en poules. Et donc, franchement, est-ce que ça va nous donner un moins bon championnat ? Je ne sais pas, je ne peux pas le dire. On verra à la lumière des matches qui vont se dérouler. Mais déjà, je remarque que dès la première journée, on a marqué je crois 21 buts en huit rencontres, c’est quand même extraordinaire. Soit les joueurs ont les fourmis dans les jambes, soit les équipes sont très bien préparées. Donc, ça va être un championnat prolifique et les équipes vont nous donner du spectacle. Donc, honnêtement, il y a des pays où les championnats se jouent en poules sans que ça n’altère nécessairement la qualité du championnat. Mais, il est  vrai que pour nous-là, c’était quelque chose d’un peu forcé parce qu’il fallait trouver une astuce pour s’arrimer au calendrier de la CAF qui nous prend un peu à la gorge.

La première sortie de l’Union de Douala s’est soldée par une défaite face au TKC (3-0). On se souvient déjà que l’année dernière, l’Union avait toujours perdu sur un lourd score. Comment comprendre que votre équipe démarre toujours au petit trot ? On sait surtout que cette année, le championnat va se dérouler sur une courte durée, qu’est-ce qui est fait pour essayer de rattraper ce mauvais départ ?

Là vraiment, je n’ai pas une explication. Autant l’année dernière, je pouvais vous dire qu’on n’avait pas tous les joueurs qu’on souhaitait avoir et puis, on avait joué sur un terrain qui était compliqué avec la pluie, autant à Yaoundé, dimanche dernier, j’ai vécu cela comme un cauchemar. Ça fait partie des défaites qui vous amènent à vous réveiller. Peut-être que nos joueurs se sont vus trop beaux… Déjà on est sous pression dès dimanche, en jouant New Stars, qui a perdu contre la Colombe (1-3) mais mieux vaut perdre une fois 3-0 que trois fois 1-0. Moi, c’est la maxime philosophique avec laquelle j’essaie de remotiver tout le monde et on est au travail pour essayer de faire un bon résultat sachant qu’effectivement, le championnat est court et que les trois places qualificatives pour les play-offs vont être très difficiles. On voit que beaucoup d’équipes considérées comme des ténors sont en difficulté… On va faire un premier bilan après 5-6 journées de cette première phase pour voir exactement où est-ce que chacun se retrouve. Mais ce qui est sûr, c’est un championnat qui va être très disputé parce que court. L’intensité sera là.

A Limbe mercredi, il y avait la tension dans l’air avec les villes mortes qui   ont cours dans cette partie du pays. Est-ce que ce que cette situation ne va pas gâcher l’ambiance, la mobilisation des supporters de l’Union sportive de Douala qui voudraient bien assister à ce duel, mieux ce derby local qui vous oppose dimanche à New Stars de Douala ?

C’est déjà une grande perte pour tous les clubs du Littoral, que ce soit Léopard qui vient d’accéder en Ligue 2, Avion, New Stars, Union et Astres. Quand nous jouons à Limbe, nous jouons à l’extérieur. En réalité, depuis la saison dernière, tous nos matches sont des matches à l’extérieur avec pratiquement zéro Franc en termes de recettes. Donc, c’est une perte sèche pour les clubs. Maintenant, c’est vrai qu’il y a ce volet sécuritaire. Nous osons croire que les responsables de la Ligue qui sont les organisateurs de la Compétition, qui nous y envoient jouer, ont pris toutes les dispositions pour que les matches puissent se dérouler normalement. Mais nous savons également que le foot est objet de pacification et d’unité nationale et chaque fois que les gens jouent, même en pays en guerre, en général, les gens font la paix le temps des matches de football. Le message que je peux apporter, c’est que : quel que soit les différends, quelles que soient les revendications des uns et des autres, laissons le football se jouer ; que les politiciens fassent leur politique le moment venu et que les dimanches ou les samedis où nous avons les matches de foot, que tout se taise et que le foot reprenne droit de cité, qu’il apaise les populations et qu’il donne un peu de joie à la jeunesse qui en a grandement besoin. Nous savons cela et nous osons croire que la programmation des matches tient compte de tous ces facteurs-là et que tout va se dérouler sans problème

Après la tenue de la Première journée, est-ce qu’une équipe vous a particulièrement marqué ?

Déjà, la performance de Tonnerre qui nous a battus 3-0. On ne les attendait pas aussi bien ; Avion du Nkam qui a fait un match nul héroïque contre Coton Sport et puis, Colombe qui a battu New Stars qui était en compétition africaine. J’ai vu aussi le match Yong Sport-Eding et même si Eding a perdu, je remarque que ça fait partie des équipes qu’on va retrouver dans les play-offs. Même si Eding a perdu, il était très bien, Yong Sport aussi. On sent que c’est des équipes qui sont déjà prêtes. Ce championnat va être très difficile et des surprises ne sont pas à proscrire. Je pense qu’on risque d’être surpris. Je ne souhaite pas que l’Union soit dans le tableau des équipes qui vont avoir des surprises négatives.

Vous avez été candidat à la dernière élection à la présidence de la Fédération camerounaise de football, vous avez ensuite rallié Joseph Antoine Bell qui a perdu face à Seydou Mbombo Njoya, l’actuel président. Est-ce que vous regrettez d’avoir fait ce choix, en prenant un peu du recul aujourd’hui président ?

Non ! On doit pouvoir assumer ses choix. Ce sont des choix que j’assume. Je sais pourquoi je les ai faits. Aujourd’hui, l’élection est derrière. L’élection est terminée, on a un président qui est élu. Je sais que vous ne m’avez pas posé la question mais effectivement, j’étais dans ce camp-là (camp de Seydou Mbombo Njoya, NDLR), ils savent pourquoi je suis parti. Donc, si vous leur posez la question, ils vous répondront. Je suis parti parce qu’il y avait des raisons fondamentales. Moi, je suis sportif. Ce n’est pas parce qu’on est en désaccord qu’on ne peut pas s’asseoir et travailler. Aujourd’hui, je suis à la tête du mouvement des clubs. Donc, je dois travailler avec le président (Président de la FECAFOOT, NDLR), le président doit travailler avec moi. On travaille en bonne intelligence. La preuve : le Premier Vice-Président Alim Konaté est dans la Commission ad hoc et nous travaillons ensemble franchement. D’ailleurs, si nous ne travaillons pas en bonne intelligence, je ne pense pas que  nous aurions trouvé une solution à la crise qui couvait au sein de la Ligue de football professionnel. Donc, l’élection est derrière nous, et là, on regarde résolument vers comment faire pour donner une meilleure image de notre football et comment nous pouvons accompagner le président qui est élu à notre façon. Quand je dis accompagner, ce n’est pas que j’attends un poste ou quoi que ce soit. De ma position de président de club et président de notre syndicat, je fais ce que j’ai à faire pour collaborer avec l’exécutif qui est en place au sein de la fédération et je pense que l’exécutif également, a le devoir de collaborer avec tous les acteurs de foot et nous sommes les acteurs de foot. Ça ne change rien aux convictions individuelles ou personnelles, on les met derrière nous et puis, on avance pour le bien du football camerounais.

Pour sortir définitivement de cet entretien, président, qu’est-ce qu’on peut vous souhaiter pour le compte de la saison qui vient de débuter ?

C’est simplement de gagner le maximum de matches, parce que si on gagne le maximum de matches, je pense qu’on sera dans le groupe des Play-offs. On  a grand besoin pour nos supporters, de retrouver un peu la place qui doit être la nôtre au firmament du football camerounais. Ça fait presque trois ans que l’Union n’est pas africain, les supporters attendent ça, l’attente, elle est pesante et c’est pour cela que la première défaite n’était pas une chose appréciable. Il faut rapidement que nous relevions la tête pour retrouver rapidement la place qui doit être la nôtre au sein de ce championnat.

Par Wiliam Tchango

 

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