Crise morale, crise sportive, crise financière, la liste des maux dont souffre actuellement  le football Camerounais  est longue à laquelle il faut ajouter d’autres maladies. Le docteur Seidou Mbombo Njoya porté à la tête de la fédération Camerounaise de football le 12 décembre dernier trouvera-t-il l’antidote qu’il faut pour recouvrer la santé ? C’est la grande question.

Elu président de la fédération Camerounaise de football le 12 décembre 2018, Seidou Mbombo Njoya a entamé la semaine dernière son deuxième mois à la tête de l’institution. Le nouveau patron du football Camerounais a placé la gestion de la crise de la ligue de football professionnel au cœur de ses premières actions et a su relever le défi. Sa réussite dans la gestion de cette crise qui semblait interminable a revu à la hausse sa côte de popularité mais il y a des dossiers plus compliqués sur lesquels est attendu le nouvel homme fort de la forteresse de Tsinga. Il n’y a nul doute que s’il passe à côté, il prendra un sérieux coup.

Une dette colossale à éponger  

Me Happi, l’ex-président du comité de normalisation peut continuer à répéter jour après jour qu’il “a laissé la Fécafoot dans un bon état”, vanter son bilan à tour de bras, les dessous de son bilan approximatif vont petit à petit sourdre, remonter à la surface. Pour le constat général, il suffit de s’en référer aux résolutions qui ont sanctionné la réunion du comité exécutif qui s’est tenue à Yaoundé lundi dernier. La Fédération camerounaise de football a annoncé qu’elle accuse une dette de 1,480 milliard de FCFA, héritée des précédents gestionnaires. Pour éponger cette ardoise et redresser sa situation économique, la Fécafoot va devoir pratiquer une politique d’austérité. En plus du plan de dégraissage de ses effectifs qui va consister à supprimer près de 24 emplois, l’institution doit prendre d’autres décisions fortes si réellement dit elle veut boucher les trous béants qui existent. Le confortable train de vie que mènent certains employés doit être réduit et sur le plan marketing, il faut aller faire la cour aux annonceurs qui ont tourné le dos à cause de la crise et de la léthargie. Pour y parvenir, la fédération a confié la commission marketing à Gilbert Kadji. Les pognons de dingue qui arrivent souvent en provenance de la FIFA et de la CAF devraient être gérés avec beaucoup d’économie et de minutie. L’instauration d’une charte de transparence est également d’une impérieuse nécessité.

La nécessité d’une harmonieuse relation avec le Minsep

Le nouveau boss du football Camerounais devrait également gérer avec beaucoup d’autorité, de respect et de diplomatie sa relation avec la tutelle à savoir le ministère des sports. Mais à qui le dira-t-on encore, les enjeux de cette relation sont trop importants pour le fonctionnement de l’institution. L’enjeu est de convaincre l’autorité lorsqu’il faut et être capable aussi de montrer davantage d’écoute et de bienveillance quand c’est important. Et non perpétuer l’ère des récalcitrants en s’inscrivant dans la lignée des  condescendants prôneurs de l’autonomie cartésienne qui a souvent fait défaut à la fédération.

Sauver le foot jeune

La situation patibulaire du football jeune est très grave pour ne pas susciter une prise de conscience immédiate de la part de la nouvelle équipe dirigeante de la Fécafoot. Le mal est profond et il faut assouplir l’urgence qu’il y a en procédant d’emblée à la désignation des hommes capables de descendre au fond du trou qui loge le football jeune depuis de longues années. Il faut de vrais paratonnerres pour ces jeunes pousses fragiles qui constituent l’avenir, des compétences pour assainir le milieu peuplé de négriers et capables de déblayer le relief de tout-venant pour mettre sur pied un système de formation comme on en voit ailleurs.

Parmi les solutions attendues, figurent aussi la nécessité de sortir la sélection nationale fanion du lobbying dans lequel il est enfoui ces derniers temps. La nomination des nouveaux hommes qui est tombée ce vendredi ressemble à la lecture d’une dictée préparée par le “guide suprême”. Il est encore temps de se reprendre. Messieurs de la Fécafoot, prenez vos responsabilités afin de résoudre librement et efficacement les vrais problèmes du football Camerounais. Comme un flipper, la balle revient vite. Attention à la lame de fond.

Dans le domaine du football féminin en général et particulièrement chez les Lionnes, il y a aussi beaucoup de graines à moudre. La tête de l’actuel sélectionneur, Joseph Ndoko, à qui l’on reprocherait des faits qui se sont produits au Ghana lors de la CAN 2018 devrait être coupée au profit d’un technicien plus compétent et plus digne capable d’atteindre les objectifs escomptés avec les lionnes lors de la prochaine coupe du monde prévue en France en juin.

Peut-on se rendre à l’évidence que partout, le football Camerounais a actuellement besoin de maçons, d’ouvriers et de bâtisseurs et non des spectateurs stériles. Le mal est profond et les repreneurs sont attendus.

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