L’ancien Lion indomptable soupçonne le président de la Confédération africaine de football de vouloir retirer l’organisation de cette compétition au Cameroun.

Au cours d’une conférence de presse donnée vendredi à Casablanca au Maroc en marge de l’assemblée générale de la Confédération africaine de football, le président de cette instance, Ahmad Ahmad a relevé qu’il y avait encore un fossé entre le niveau d’avancement des chantiers relatifs à l’organisation de la Coupe d’Afrique 2019 et le cahier de charges édicté par la CAF pour l’organisation de cette compétition. « Entre le rapport de la commission d’inspection et le cahier de charges, il y a un énorme écart et nous demandons au Cameroun de se rattraper au niveau des aéroports, des routes, des hôtels et bien d’autres. Je suis un homme qui tient à sa parole. La commission a fait une première visite et elle va transmettre son rapport au comité exécutif. Les gens veulent mentir mais je ne vais pas verser dans la polémique. » A-t-il déclaré.

Il s’agit d’une observation qui colle à la réalité, selon l’ancien Lion indomptable du Cameroun, Timothée Makongo pour qui ce retard se justifie par le fait que « nous avons une architecture constitutionnelle au Cameroun qui fait qu’en réalité, nous sommes presque dirigés par une bande de malhonnêtes ». « Sur le plan organisationnel, je ne suis pas sûr que nous puissions être prêts. J’ai regardé les choses de près ces derniers temps, c’est extrêmement lent et ça crée des doutes », a déclaré celui qui était un des invités de l’émission dominicale « Sports Time » sur Radio Equinoxe, le dimanche 4 février 2018.

Timothée Mackongo s’insurge cependant contre « la mauvaise foi » du président de la CAF qui agirait suivant un agenda caché. « Ahmad, je ne pourrai jamais croire à sa bonne foi. En réalité, il a été mesquin dès le départ. Regarde les conditions dans lesquelles on change les règles d’organisation de la CAN. Quand un pays est déjà engagé pour honorer ses engagements pour organiser une compétition, on ne peut pas lui imposer une nouvelle règle. Nulle part au monde, depuis que la FIFA existe, depuis que la CAF existe, depuis que la Fécafoot (1959), jamais dans une compétition, on a dit aux gens qu’il faut ajouter des sites alors qu’un cahier de charges avait déjà été retenu. Partout où il y a eu une nouvelle projection, on a laissé deux, trois, quatre, cinq, six ans s’écouler avant de mettre en application cette nouvelle projection », a-t-il décrié. « Et quand on regarde, ajoute-t-il – j’ai fait pratiquement toutes les CAN depuis 1998 – même les autres pays n’étaient jamais complètement prêts… En 2008 au Ghana, le Cameroun qui était l’une des plus grandes équipes d’Afrique à cette époque là s’entrainait dans un stade de lycée. Je vous assure que son intervention est teintée de mauvaise foi. Il y a certainement là derrière un autre groupe de pression qui veut qu’il retire cette CAN au Cameroun ».

La pression exercée par Ahmad Ahmad sur le Cameroun avait déjà été fustigée, il y a quelques semaines par l’ancien président de l’Olympique de Marseille, le sénégalais Pape Diouf qui ne comprenait pas l’attitude du nouveau dirigeant de la CAF vis-à-vis d’un pays « à qui l’Afrique doit beaucoup dans la reconnaissance du continent sur le plan du football ».. «Pourquoi vouloir aujourd’hui demander au Cameroun, ce qui n’a pas été demandé à d’autres pays ? Je suis de ceux qui pensent que le Cameroun sera prêt, que le Cameroun pourra organiser la compétition dans de très bonnes conditions. Aujourd’hui, mettre cette pression sur ce pays à la limite malsaine comme tentent de le faire certains membres de la CAF et son président, je ne trouve pas ça honorable.» Déplorait-t-il dans l’émission « Talents d’Afrique » sur Canal +. Timothée Makongo se dit convaincu qu’avec l’appui de ses partenaires turc, italien qui le soutiennent dans la construction des infrastructures sportives, le Cameroun pourra remplir le cahier de charges exigé par la CAF.

Avec CIN