coupe du monde 2018

Cameroun-Algérie : Les trois leçons d’une victoire programmée

En confiant l’animation de son système samedi, à la triplette Njié-Bassogog-Olinga, le technicien belge a ouvert la porte à une partie ultra offensive et s’est offert par la même occasion de nouvelles possibilités (schémas de jeu) pour composer ses futures équipes.

Enfin peut-on dire, les Lions dans cette 5è journée des éliminatoires au mondial « russe 2018 » n’ont pas encaissé de buts et tiennent leur première victoire de rang. Samedi dans l’antre du stade Ahmadou Ahidjo de Yaoundé, les félins du belge Hugo Broos ont battu les Fennecs d’Algérie par (2-0). Une victoire qui arrive sur le tard dans la course à la qualification à la coupe du monde, mais, qui ouvre la voie à plusieurs aspirations…

Le plan de jeu et son animation

Pour qui n’y croyait plus, Hugo Broos l’a fait, ce samedi face à l’Algérie, il a osé changer son onze de départ en l’amputant enfin, peut-on dire de son capitaine Benjamin Moukandjo. Le résultat tout le monde le connait. Le Cameroun s’est imposé avec la « manière » deux buts à zéro devant une équipe algérienne hagarde et peu inspirée. Faute à quelques absences de taille à l’instar de celle de sa star Riyad Mahrez ?

Toujours est-il, que le coach des Lions a fait le boulot. Son traditionnel plan de jeu (4-3-3) a bien fonctionné cette fois. Outre son système de jeu, son animation n’a pas été assurée par les mêmes hommes que d’habitude. Mais qu’est ce qui aura changé la donne dans ce match sans incidence sur le destin des Lions, mais important pour le « prestige » des « champions d’Afrique » a-t-il tancé en début de stage ?

Certainement peu de détails. Or le diable, que disons-nous, la victoire, se cachait dans les détails. Mardi, lors du premier entrainement des Lions,  Hugo Broos, l’a annoncé, à ses joueurs en premier, ensuite à la presse : Il allait jouer « l’offensif ». Les interrogations pouvaient fuser. Samedi, il a maintenu cette idée jusqu’au bout.

Cela s’est reflété sur le choix des onze titulaires qui ont débuté la rencontre.  Si l’absence de Benjamin Moukandjo n’a que très peu étonné, c’est le rôle « d’électron » libre attribué à Bassogog qui a agréablement surpris le plus, le public de Mfandena (de moins en moins fidèle au rendez-vous).

Le choix des joueurs et leurs performances

Et alors qu’il s’est « privé » de ses attaquants vedettes, Choupo-Moting (qu’il juge, très peu engagé défensivement)  et Karl Toko Ekambi (accusé à tort ou à raison d’être devenu grandiloquent » le sélectionneur des Lions a misé ses espoirs sur deux « revenants », à savoir Clinton Njié (Olympique de Marseille) et Fabrice Olinga (Mouscron) pour animer le jeu sur les côtés.

Njié (8/10) est d’ailleurs celui qui en premier va sonner la charge contre le camp des Fennecs (22è). Son rush solitaire, doublé de sa vitesse de percussion, et son pointu du droit à ras le sol (des qualités qui manquaient chez Lions) feront le reste pour battre le portier algérien M’Bohli.

Adroit devant les buts, et vertigineux dans ses accélérations et sa conduite de balle, le natif de Buea a donné du tournis à tout le flanc droit algérien. L’attaquant phocéen a dans ce match retrouvé ses repères chez les Lions, son génie a parachevé le boulot.

Fabrice Olinga (6,5/10), toujours aussi mobile, a opéré un remarquable travail sur tous les plans. Il a  offensivement mis en mal la défense des Fennecs. Cadamuro, Mandi, Fares et Bensebaïni ne l’oublieront pas de sitôt. Belfodil, et Feghouli non plus. Car au milieu, il a été une plaie pour la relance des algériens. Solidaire à Fai Collins (6/10), impérial sur le flanc droit, Olinga parfois, a du se marcher sur les pieds avec Christian Bassogog (6/10), qui a mis du temps à s’installer comme meneur de jeu (sans position fixe) dans ce système à 4-3-3 remanié d’Hugo Broos.

Moral et coaching payant

On l’a vu lors de cette rencontre, quand le moral des joueurs est haut, booster à fond (il était aussi question de se faire pardonner auprès du public, après la double confrontation lamentable face au Nigéria et la non qualification), les consignes respectées, la « manière » peut suivre…

Le compartiment défensif des Lions a bien assuré. Serge Leuko (6/10) en manque d’intelligence et parfois errant lors de ses deux précédents matchs suite à ses contre-offensives, a tenu la dragée haute contre les Fennecs. Présent dans les couvertures, le latéral gauche a pris du galon en seconde période, stoppant net les aspirations sporadiques des attaquants algériens.

Il a su crée le surnombre autant au milieu de terrain, qu’en attaque pour soutenir Sébastian Siani (7/10) et Zambo Anguissa (6/10) égaux à eux-mêmes. De pointe basse à deuxième récupérateur, Zambo, a joué plus posé et moins exposé qu’à son habitude. Même si quelque fois, il s’est retrouvé malgré lui, grâce à sa vista et avec ses qualités techniques à faire la dernière passe pour ses compères en attaque. Vincent Aboubakar (6/10) qui avait marqué le 04 septembre contre le Nigéria est resté muet tout le long du match. Son apport offensif et sa technique ont cependant pesé sur l’axe central algérien.

La charnière centrale conduite par Ngadeu Ngadjui (6/10) et Adolphe Teikeu (5,5/10) malgré quelques égarements circonstanciels, est demeurée bien regroupée et solidaire. D’ailleurs, pour la première fois dans ces éliminatoires, elle n’a pas pris de l’eau. Fabrice Ondoa (6/10) le gardien des Lions n’a pas eu grand-chose à se mettre sous la dent. Les quelques tentatives de Soudani, n’ont pas violé ses cages.

On s’attendait à voir le « bleu » de la tanière Petrus Boumal être lancé à la place de George Mandjeck (remplaçant), c’est plutôt le jeune attaquant aux dents longues, Frantz Pagop (Union de Douala) qui va entrer et créer la sensation, en marquant pour sa première sélection, son premier but sur sa première touche de balle. Tout cela à 5 minutes de la fin du match, aggravant le score à (2-0).

Définitivement les Lions ne cesseront de surprendre et leur coach « fantasque » encore mieux. Cette victoire, pourrait-etre une bonne opération de charme pour le public qui a déserté les gradins depuis la débâcle au Nigéria. En tout cas pour Hugo Broos et son staff, les jours à venir s’annoncent particulièrement décisifs, espérons pour eux que cette « petite raclée » administrée aux Fennecs ne  soit pas arrivée trop tard.

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