Révélation

Sur les traces d’Alexandre Song; Jean Paul II Makasso trace sa voie

makasso jean paul lions indomptables du cameroun

De l’Olympique de Douala à l’US Hostert en passant par Monaco, Jean Paul II Makasso rêve en Lion…

A 22 ans, le demi-défensif de l’US Hostert au championnat de 1ère division du Luxembourg découvre le football professionnel. Pour son coup d’essai, on peut parler d’un coup de maître. Car le natif de Douala est sacré meilleur joueur d’origine africaine et 2ème meilleur joueur de BGL Ligue cette première partie de saison. Il figure à juste titre dans le 11 majeur du championnat et compte y rester jusqu’en fin de saison. Entretien…

Vous commencez au Cameroun à Olympique academy. Parlez nous de ce club…

C’est une équipe qui m’a appris les bases du football. Elle m’a récupéré tout petit dans un tournoi interscolaire. J’ai goûté le « haut niveau » camerounais en jouant en Ligue avec ce club.

D’Olympique à Monaco comment s’est effectué la transition ?

Elle était assez simple. Je quitte Olympique et j’effectue d’abord un bref passage au FC Metz en 2009 après la coupe d’Afrique cadette. Je n’ai malheureusement pas pu intégrer le centre de formation « metzien » à cause de quelques problèmes administratifs. Dans la foulée, je suis allé à Monaco et les choses se sont bien passées. J’ai intégré la réserve monégasque. J’y suis resté un an avant de faire une pige à SAS Epinal, un club de l’Est de la France affilié en 3ème division.

Qu’avez-vous ressenti la 1ère fois que vous avez posé vos valises en France ?

Le climat. Quand vous quittez le Cameroun où il fait 30 – 35°C pour la France, à votre arrivée à l’aéroport vous êtes confronté au climat. Le climat est un facteur important dans la vie d’un africain, né dans la chaleur et qui se heurte subitement à des températures très basses soit. Tu as peu de temps de t’intégrer. Car il faut aussitôt s’entraîner sous la pluie, la neige et le froid. Ça a été très difficile pour moi. Mais quand on sait ce qu’on veut on s’accroche.

Que vous vous êtes dit en partant du Cameroun ?

Qu’il faut que j’arrive, je déchire tout. Une fois sur place, il y a des réalités du terrain. La réalité est que vous n’êtes pas uniquement confronté en Europe aux problèmes sportifs. Il y a des difficultés administratives, surtout quand tu arrives mineur.

Alors qu’on envisageait que vous engagiez une carrière professionnelle à Monaco, vous avez décidé de changer d’air pour quelle raison ?

Tout simplement parce que Monaco a décidé de changer d’air et faire confiance aux joueurs de renom. Il y a uniquement deux joueurs dans le groupe actuel qui sortent du centre de formation (Vallet Germain et Crusdaba). Monaco est entré dans une nouvelle aire et n’a pas voulu faire confiance aux joueurs formés au club. Quand tu es jeune footballeur, le souci est de jouer. Ça ne servait à rien d’y rester et de ne pas jouer.

Si Vallet et Crusdaba ont été retenus, devrions-nous comprendre que vous n’aviez pas le niveau requis pour jouer au club ?

Ce n’est pas un problème de niveau. C’est juste que le club a voulu prendre une nouvelle direction et a choisi de composter avec des joueurs expérimentés. Vous qui n’avez jamais joué au haut niveau ne pouviez pas vous identifier à eux. Il n’est pas question de niveau. Car je pense avoir le niveau et attends juste de le démontrer sur un terrain de foot. C’est ce que l’US Hostert me donne et j’arrive à m’épanouir sur le terrain.

Parlons de l’US Hostert, comment se sont effectués vos débuts avec ce club ?

Ça se passe plutôt bien. Nous sommes en trêve, c’est pourquoi j’ai profité pour venir me ressourcer au pays et rendre visite à ma famille. Les choses n’étaient pas évidentes, mais je m’y suis facilement intégré. Je suis arrivé dans le club, il n’y avait que des blancs. J’étais le seul noir. Quand vous terminez une 1ère partie de saison étant parmi les meilleurs joueurs du championnat, c’est toujours encourageant. Il ne reste plus qu’à confirmer à la phase retour.

makasso jean paulQuitter la France pour le Luxembourg n’est-ce pas une régression ?

Non. En France je ne jouais pas en pro. J’étais dans le championnat amateur. Au Luxembourg j’évolue dans le championnat professionnel dans la 1ère Ligue d’un pays. Ce n’est pas du tout mauvais. Au contraire, c’est un palier à franchir. Je pense que je ne régresse pas. Je suis dans une continuité.

Quel est votre rêve ?

Mon rêve est de revêtir le vert-rouge-jaune. Je travaille dur pour y parvenir. Quand je vois Vincent Aboubakar avec qui j’ai évolué chez les cadets et qui fait de bonnes choses avec les A (Lions Indomptables) ça fait un pincement au cœur. Tout s’acquiert en travaillant. C’est pourquoi je n’arrête pas de bosser. Si on me fait appel, je répondrais présent.

Parlant d’Aboubakar Vincent que vous avez cité, comment avez-vous apprécié sa prestation à la Can 2015 ?

S’il est où il se trouve aujourd’hui, ce n’est pas volé. On peut passer à côté dans une compétition comme on peut être brillant. Aboubakar Vincent n’a pas été étincelant à la Can, il n’a non plus été décevant. Il était juste à l’image de l’équipe nationale du Cameroun. On ne peut pas viser sur lui. On dira tout simplement, que toute la sélection camerounaise n’a pas été au top de leur forme.

On a vu des joueurs tel que Balboa, Ayew… tirer leur sélection vers le haut. Qu’est ce qui a manqué à Aboubakar ?

C’est une question de confiance. Un attaquant doit enchaîner des matchs. Aboubakar ne le fait pas à Porto. Quand il est avec les Lions Indomptables, il joue un match sur deux. Un joueur a besoin d’avoir la confiance du coach. C’est seulement ainsi qu’il pourrait produire un bon résultat.

Quel est votre club de rêve ?

Le Réal de Madrid. Il faut arrêter à un moment donner de rêver et travailler sans cesse. On arrivera où on pourra.

Pensez-vous sincèrement avoir des capacités de jouer dans l’équipe du Réal de Madrid actuelle ?

Makasso Jean Paul actuellement a les capacités de jouer dans n’importe quel club dans lequel on lui fera confiance. Tous les joueurs ont deux pieds comme moi. Ils ont eu la même formation que moi, sauf peut-être qu’ils auraient été formés dans de conditions plus propices. Un footballeur qui évolue dans un championnat peut évoluer dans un autre. Le tout est d’avoir la confiance du coach et de s’acclimater et laisser parler son talent en suite.

Quel est votre modèle dans le football ?

Alexandre Song. On m’appelait Alexandre Song avant que je ne quitte le pays. On le faisait grâce à ma manière de jouer, de marcher et d’être bâti. Il a toujours été mon idole. J’espère pouvoir faire la carrière qu’il effectue en ce moment, du moins faire mon bonhomme de chemin.

Comment avez-vous accueilli sa retraite internationale ?

Je pense qu’il est assez jeune pour prendre sa retraite internationale. Je pense qu’il va revenir dans la tanière, il faudrait juste que plusieurs choses changent. Je ne peux pas dire, qu’il ait pris une décision sage pour la Can. Je pense qu’il a été très déçu de ne pas être rappelé en sélection après le mondial. Je reste confiant et pense qu’il reviendrait.

Vous a-t-il déjà prodigué des conseils ?

Non. Je n’ai pas encore eu cette chance. Les deux fois où j’ai eu à discuter avec lui, nous n’étions pas que tous les deux. On n’a pas eu le temps d’aborder le sujet me concernant. On m’a présenté auprès de lui comme un de ses fans.

Parlez nous du championnat Luxembourgeois

C’est un petit pays où tout le monde connait tout le monde. Quand vous faites de bons matchs, tout le monde en parle. J’ai fait une très belle 1ère partie de saison. Quand vous demandez qui est Jean Paul Makasso, tout le monde le connait. Ceci est possible grâce à mes prestations et aux distinctions personnelles, que j’ai engrangées. Si le championnat était aussi médiatisé, que celui de la France, l’Allemagne, l’Angleterre, l’Espagne… C’est qu’on parlerait plus de Jean Paul Makasso. Ce qui est entrain de se passer est déjà pas mal.

Qu’est ce qui vous marque le plus dans ce championnat ?

Quand je partais au Luxembourg j’avais des a priori. Je m’interroge pour savoir si ce championnat est assez joué, si les joueurs ont le niveau ? Je puis vous dire, que j’ai des réponses à toutes ces préoccupations dès mon 1er match.

C’est un championnat qui est assez relevé et qui n’a rien à envier aux autres. Il faut juste qu’ils améliorent la médiatisation de leurs joueurs. Le championnat luxembourgeois regorge des internationaux. Il n’y a presqu’aucun qui évolue à l’extérieur. Pour les avoir affronté en championnat, je puis vous dire, qu’ils ne sont pas facilement maniables sur l’aire de jeu.

Racontez nous votre 1er match professionnel ?

J’avais des fourmis dans les jambes. C’était mon 1er match professionnel et j’avais à cœur de bien faire les choses. Vous vous dites, qu’il y a du monde qui vous regarde et vous n’avez pas droit à l’erreur. Surtout que les matchs sont regardés de l’autre côté de l’Europe sur la RTL (radio télévision du Luxembourg). Ma famille était derrière et j’avais la peur de mal faire Dieu-merci j’ai fait une belle rencontre. J’ai eu la confiance du coach et tout se passe bien jusqu’ici.

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